À quelques jours de la clôture des inscriptions en ligne fixée au 20 septembre 2026, le Conseil électoral provisoire (CEP) fait face à une participation timide des candidats et à un filtre drastique des partis politiques. Entre retards d’enregistrement et aberrations logistiques dans les communes, le processus électoral soulève de sérieuses questions.
1. Un bilan timide des candidatures et des partis qualifiés
À la date du lundi 14 septembre 2026, les chiffres communiqués par le CEP illustrent une faible affluence :
- 3 candidats enregistrés pour la présidence.
- 68 candidats pour le Sénat.
- 205 candidats pour la députation.
Par ailleurs, sur les 105 organisations politiques agréées, seules 25 (14 partis et 11 groupements) ont réussi à enregistrer les 30 000 membres requis sur la plateforme numérique, condition sine qua non pour présenter des candidats.
2. Modalités et calendrier de dépôt des pièces physiques
Parallèlement à l’enregistrement numérique, le CEP a ouvert la phase de dépôt des pièces physiques du 13 au 22 septembre 2026 :
- Présidence et Sénat (Ouest) : Dépôt centralisé au BED Ouest I (route de Frères). Pour les autres départements, les dossiers se font au BED concerné.
- Dérogations géographiques : Pour pallier des contraintes de terrain dans certaines communes (comme Carrefour, Gressier, Kenscoff ou Port-au-Prince III), les dossiers pour la députation et les collectivités seront exceptionnellement reçus directement au BED Ouest I. Des dispositions similaires s’appliquent pour l’Artibonite et le Centre.
3. Le paradoxe critique de l’absence de Centres d’inscription et de vote (CIV)
Le point le plus alarmant soulevé par le processus réside dans une incohérence territoriale majeure : dans de nombreuses communes concernées, il n’existe aucun Centre d’inscription et de vote (CIV) opérationnel.
Puisqu’un citoyen doit impérativement être inscrit pour voter dans son centre, la question de la légitimité et de la viabilité de ces scrutins se pose. Le risque direct est de voir des candidats concourir dans des zones où, sur le plan pratique, l’électorat local se trouve dans l’impossibilité matérielle de s’inscrire ou de voter.

