Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) a fixé au 13 décembre 2026 la tenue des prochaines élections en Haïti, l’Organisation des États américains (OEA) émet de sérieux doutes. Lors d’une conférence de presse, le secrétaire général a rappelé l’urgence d’accélérer les préparatifs tout en soulignant que le choix final appartient aux autorités haïtiennes.
1. L’OEA clarifie sa position sur le calendrier électoral haïtien
Interrogé lors d’une rencontre avec des journalistes régionaux, le secrétaire général de l’OEA a tenu à clarifier un point crucial concernant le calendrier du CEP :
« Je ne me souviens pas avoir dit, à un quelconque moment, que nous souhaitions que les élections se tiennent le 13 décembre. En réalité, j’ai toujours évité de mentionner le 13 décembre comme date électorale. »
L’organisation internationale insiste sur un principe fondamental : il ne revient ni à l’OEA ni à la communauté internationale de décider du calendrier, mais bien aux autorités haïtiennes, au Premier ministre et au Conseil électoral provisoire.
2. Un niveau de préparation jugé insuffisant face à l’insécurité
Malgré l’importance de renouer avec le processus démocratique — dix ans après les dernières élections dans le pays —, l’OEA pointe du doigt d’immenses défis logistiques et sécuritaires :
- La sécurité et les gangs : La lenteur du traitement de la crise sécuritaire demeure une source majeure de préoccupations.
- La phase préparatoire : Enregistrement des électeurs jugé trop lent, identification et formation du personnel des bureaux de vote, ainsi que la gestion de l’impression des bulletins.
- L’impératif d’inclusion : Le processus d’enregistrement doit s’intensifier à travers une campagne médiatique soutenue pour éviter de priver des citoyens de leur droit de vote.
« Il y a énormément de travail à accomplir », a résumé le responsable, prévenant qu’un scrutin mal préparé risquerait d’être contesté tant par la classe politique locale que par les observateurs internationaux.
3. Vers un report du scrutin du 13 décembre 2026 ?
Alors que la date fatidique du 13 décembre 2026 approche, de nombreux partis politiques et experts en sécurité s’accordent à dire que les joutes électorales ne pourront matériellement pas se tenir à cette échéance.
Si l’objectif partagé reste d’organiser des élections crédibles et inclusives « dès que possible », la question de la faisabilité technique reste entière pour les 158,7 millions de défis logistiques inhérents à ce scrutin historique en Haïti.

